Ne me parlez pas de Saison 2!

https://www.glenat.com/tcho/lou-lintegrale-saison-1-9782344034538

La série de bande dessinée LOU! a eu 15 ans au cours de la dernière année. Crée à l’origine pour le magazine Tchô, elle s’est illustrée par la façon d’évoluer et surtout, de secouer l’industrie de la bande dessinée que les personnages fictifs ont aussi une vie et qui doivent un jour ou l’autre, grandir et évoluer. Un schéma qui à l’origine, devait durer 8 tomes et que Julien Neel a maintenu l’impossible: De rester actif et près de ses lectrices et lecteurs depuis la création de la jeune ado en 2004 mais qu’au fil des tomes, la qualité des textes et des épisodes prennent plus l’allure que Neel se sert de son héroïne uniquement pour accumuler ses chèques que de respecter ses engagements et accomplir ses tâches.

Voilà que les éditeurs de Glénat, qui envisagent souvent de tirer profit de ce petit chef d’oeuvre, vont sortir à l’automne une espèce d’intégrale réunissant les huit tomes de LOU! intitulée LOU! – l’intégrale Saison 1. Déjà, parler de saison 1 est un coup de marketing et non pas une idée engendrée par l’auteur. Mettre 14 longues années pour faire une saison est déjà avancée à pas de tortue, ce qui prouve que le concept de Saison d’une série est déformée dans l’univers de la bande dessinée. Généralement, cela prend un an pour construire une saison d’un contenu mais pourquoi avoir changer ses plans pour faire une deuxième saison qui, du coup, répétera les mêmes niaiseries que dans les trois derniers tomes?

J’ai souvent écris dans ce blog que je compare LOU! à la populaire série Les Simpsons. Une série animée qui a sauvé la chaîne FOX en 1990 et qui reste active près de trente ans plus tard. Même si des protestataires souhaitent la fin de cette série le plus rapidement possible, une série comme Les Simpsons reste intouchable. Et elle a su autant faire rire que réfléchir ce que la BD de Julien Neel n’a jamais maintenue. Au lieu de ça, elle s’est pliée à genoux dans la qualité médiocre de l’écriture de l’auteur et de considérer ses propres personnages comme des caricatures d’elles-mêmes, ce qui n’était pas le cas au départ. Des années de retard n’ont pas aidés à traiter la jeune héroïne devenue une jeune femme avec respect sans aller au cynisme. Même François Walthéry, le créateur de Natacha, n’allait pas autant berner ses lecteurs en faisant du fanservice (Une obsession devenue monnaie courante dans l’animation japonaise.) à toutes les pages comme Neel l’a rapatrié depuis L’âge de cristal.

Près de deux décennies que l’industrie du 9e art nivelle vers le bas. C’est ce que Midam, le père de Kid Paddle et Game Over avait dit en entrevue au début de l’année. Et que le moment est bien choisi de rappeler aux jeunes qu’il n’y a pas que des BD dans la vie et que souvent, contiennent des passages qui dévalorisent complètement la jeunesse. À force de présenter les femmes comme inférieures et hystériques, on finit par ne plus croire à un médium donc son historique est d’avoir réduit les personnages féminins à des objets sans cervelles. LOU! aurait pu faire taire ce charabia aussi inutile qu’inexplicable, mais la bande dessinée n’est pas celle qui souhaite voir la société évoluer. Ça explique pourquoi elle est lue par un public aussi élitiste qu’incapable d’expliquer les choses avec nuances sans aller aux fake news ou aux théories de complots qui se trouvent sur le web.

L’idée d’une Saison 2 pour la série de Julien Neel m’apparaît plus comme un fanfiction inventé par des agences de marketing qu’un truc implanté par l’auteur lui-même. Trop de séries populaires restent actives, non pas à cause des ventes, mais parce que les ayants-droits empêchent les dessinateurs de valider les droits de leur travail. Terminer une série m’apparaît comme la plus risquée des tâches pour des dessinateurs. Rares sont ceux qui l’ont terminé sans demander un Reboot en particulier. Une série comme Monster Allergy, qui a eu droit à 20 tomes publiés chez Soleil, puis une suite de 9 tomes chez Le Lombard, aurait pu continuer à être écrite et publiée à la tonne. Mais la série s’est achevée de façon définitive en 2012 sans aller dans une romance futile qui pourrait ternir l’image de la série que les jeunes de l’époque ont connu. Au fil des temps, Monster Allergy est considéré comme une des rares séries modernes qui a su finir avec une conclusion et non pas en plein milieu ou sans que les éditeurs s’en mêlent.

Il n’y a que 8 tomes de LOU! qui existent. That’s it! Demander une deuxième saison ne cachera pas les erreurs survenues dans la dernière décennie de la série originale. Depuis le temps, Glénat et Neel devraient savoir que ce sont leurs lecteurs et lectrices qui ont su faire vivre cette oeuvre et de leur carrière. Et qu’il est grand temps que la bande dessinée fasse une halte pour réfléchir au travail des dessinateurs et auteurs qui ne sont pas vus aux yeux des ayants-droits, comme essentiels dans cette profession.

Astérix 60: Hommage et marketing

Le personnage mythique crée par René Gosciny et Albert Uderzo fête ses 60 ans cette année. Astérix le Gaulois reste un phénomène pour le monde de la bande dessinée avec des tirages qui dépassent les ventes à chaque nouvel album, comme ce sera le cas cette année avec La fille de Vercingétorix qui paraîtra plus tard durant l’automne. En plus des nombreuses éditions Art-Book, Collector et de Luxe des mêmes épisodes, reste de prouver qu’Astérix n’est pas une bande dessinée comme les autres. C’est un Best-seller et surtout, une série de BD qui est illustrée comme une véritable oeuvre d’art. Le doigté d’Uderzo au dessin et son approche pour les hommes beaux et forts et les répliques abracadabrantes de René Gosciny ont fait une série que tous les auteurs et dessinateurs en sont un peu jaloux, qui voudraient le rivaliser mais force oblige, n’atteignent pas la qualité et le génie du Best-seller, ni de rappeler qu’une série comme Astérix a mis bien des années avant de devenir une opération marketing engendrée… nul autre par Albert Uderzo et les proches de René Gosciny eux-mêmes!

Autrefois, dans le temps de mes parents, Dargaud pouvait vivre grâce à Astérix qui était la raison ultime pourquoi le journal Pilote fut crée. Par le décès de René Gosciny et aussi, l’obstination de ses éditeurs de faire plus d’argent au nom du Gaulois moustachu, Albert Uderzo a senti qu’il était temps de lancer sa propre maison d’éditions et de travailler seul. Les éditions Albert René fondèrent vers 1980 mais la qualité des nouveaux épisodes ne seront plus au rendez-vous. Oui, bien sûr, le graphisme d’Uderzo est toujours excellent et il faut être aveugle pour mépriser son talent, mais les histoires sont souvent anémiques et manquent de cohésion. Gosciny aurait souhaité que personne ne reprend Astérix après sa mort car c’était en quelques sortes, son bébé. Puis vint le côté marketing de la bande dessinée avec le parc Astérix, les adaptations cinématographiques et les figurines qui valent une mine d’or. Si Astérix est toujours aussi populaire et aimé en Europe et même au Québec, c’est aussi que la série représente une Province qui tente le tout pour le tout de résister à l’envahisseur Romain. Tout comme pour nous avec les anglos et, même les migrants partout dans le monde, la série Astérix qui est censée nous faire rire a aussi son lot de références à l’actualité contemporaine.

Mais l’opération #Astérix60 qui est omni-présente sur les réseaux sociaux présentement me donne un certain dégoût. Les Astérix des 20 dernières années nous servent du réchauffé et j’en viens même à conclure que Le ciel lui tombe sur la tête, souvent réclamé comme la pire histoire de bande dessinée jamais contée, vaut mieux que la plupart des histoires dessinées écrites aujourd’hui truffées d’énormités de vocabulaire et d’un manque de suivi à rendre l’histoire intéressante. Beaucoup d’artistes l’ont rendu hommage mais ça devient moins spécial de célébrer l’anniversaire d’un personnage fictif que ce l’était lors de la promotion des 50 ans de Bugs Bunny il y a près de trente ans. Parce que c’est la crainte de faire n’importe quoi et de tout tenir pour acquis que des dessinateurs de BD d’aujourd’hui prétendent reconnaître les héros de leurs jeunesses sans en connaître leurs véritables auteurs. Et Astérix, maintenant vue comme une marque de commerce, n’y échappe pas à cette tendance lourde et laborieuse.

Astérix a toujours été dans ma famille une des rares bandes dessinée qui se trouvait dans nos bibliothèques, plus à cause de mon père. La série s’est aussi servie comme un outil pédagogique pour expliquer l’histoire de la Gaule, ces chers ancêtres de la France qu’on aime tant snober leur façon de parler. Jean-Yves Ferri et Didier Conrad ont repris le relais qu’avait laissé amèrement Albert Uderzo en 2013 avec des aventures plus standard que les Astérix crées par Uderzo tout seul. Mais cela en valait-il le coup? Je souhaitais aimer Astérix et la Transitalique qui, non seulement, est un délicieux hommage à la course automobile et la passion des voitures du vétéran dessinateur mais du lieu de naissance du tandem Gosciny-Uderzo. Mais l’histoire elle-même manque de finesse et n’est réduite qu’à des courses de chars, ni plus, ni moins. Je misais beaucoup d’espoir à ces deux vaillants créateurs de reprendre un héros mythique comme a réussi Laurent Verron et son équipe avec Boule et Bill d’avoir repris une magnifique série sans tomber dans la nostalgie, mais il faut le reconnaître. Les Astérix version Ferri-Conrad ne surpassent pas beaucoup les histoires originales crées il y a plus de quarante ans.

Je le sais qu’on a souvent pris toutes ces œuvres pour acquis sans en payer le prix fort. C’est de mon avis pourquoi l’industrie de la BD tourne tout croche depuis quinze ans. Les séries plus personnelles selon moi, manquent d’originalité et d’audace et sont tellement lourdes en dialogues, comme si les personnages respiraient au gaz artificiel. Les barbarismes et les franglais abusifs dans les dialogues devraient être pris en considération si on veut sauvegarder la pérennité de notre langue. Il y a près de sept ans que je constate du manque de vocabulaire et de syntaxe de la plupart des séries écrites aujourd’hui et c’est souvent pour cela que je ne les lis pas. Astérix n’a pas à utiliser une conjugaison contemporaine pour rester au top et faire parler les personnages comme les rappeurs. Ils devraient se concentrer davantage sur la qualité des scénarios et rendre les dialogues amusants sans en être une pâle copie de l’original. C’est selon moi, la raison pourquoi les Astérix écrits et dessinés par Albert Uderzo sont faibles en comparaison des histoires parues à l’origine chez Dargaud. (Hachette a obtenu les droits de ces aventures en 1998 et même le site web de Dargaud ne fait plus aucune mention de l’existence de cette oeuvre.)

Les aventures d’Astérix le Gaulois demeurent un phénomène d’édition. Plus de 3 millions d’albums vendus à travers le monde traduits en plus de vingt-cinq langues. Un parc d’attraction à son effigie. Un demi-siècle d’adaptations cinématographiques portés sur le grand écran. Un futur projet de série d’animation avec Idéfix et ses camarades canins est en cours. Et un empire qui dépasse les espérances des créateurs d’origine qui souhaitaient s’arrêter en dix épisodes. (Astérix Légionnaire aurait pu finir là si le succès n’était pas aussi grossissant.) Bref, tout ceux et celles qui souhaitent mettre cette série mythique à terre devraient se lever de bonne heure car ce n’est pas avec leurs bonhommes à allumettes et leur manque de compréhension en français qui va attirer les lecteurs à encourager leur art. Sans exception, Astérix est une des plus fascinantes séries de bande dessinées jamais crées et qui a réussi par l’impossible, de propulser la bande dessinée comme un art véritable. Et quiconque qui prétend le contraire aurait intérêt à se cacher. Une série qui aussi, continue à résister à l’invasion Netflix et Amazon qui selon moi, pulvérisent le 9e art et empêchent nos jeunes de lire un bon livre et les éviter de seulement écrire et épeler notre langue aux voyelles et aux sons. C’est bien dommage que les éditeurs de BD en général ne tiennent pas compte de la piètre qualité des dialogues dans leurs ouvrages, même si elle s’adresse avant-tout aux jeunes.

Le phénomène Astérix ne s’arrête pas là. Les réseaux sociaux, en particulier Facebook, constitue comme un excellent moyen de promotion pour célébrer la créativité des dessinateurs morts ou retraités et de découvrir des illustrations rarissimes ou jamais republiés depuis leurs premières impressions au siècle dernier. Et c’est bien dommage que des jeunes branchés méprisent ou considèrent les BD grand public comme ringards, démodés, mal-éduqués et nourrit à la malbouffe alors que trop de la génération actuelle ne parvient pas à écrire une bonne histoire sans abuser des dialogues inutiles et plus de mouvements. Astérix aura 60 ans le 29 octobre prochain (Oui! Un jour après le mien.). J’aurais 35 ans cette année alors que je me souviens parfaitement quand les personnages d’Uderzo et Gosciny en avaient 35 en 1994 et que ça avait soulevé une campagne de promotion plus qu’intéressante. J’attends toujours si Warner va faire de quoi pour le 80e anniversaire de Tom et Jerry et de Bugs Bunny l’an prochain, si ils les ont tant négligé pour ne pas que les gens les considèrent comme arriérés.

La discrimination de maigrir

Si l’été rime avec chaleur, fraîcheur et baignade, c’est surtout l’occasion de savourer des repas copieux, mais délicieux aux BBQ et de profiter de la belle saison avant que les jours raccourcissent et deviennent plus froids durant l’automne. Mais encore une fois aujourd’hui, les problèmes d’obésité demeurent un facteur exigeant. Soit, on devient grossophobe, soit on a le devoir de dénoncer nos mauvaises habitudes de vie en prenant du poids et de mal se nourrir. L’abolition des gras trans au Canada l’an dernier me donnait envie de crier victoire à une société santé et soucieuse de l’environnement, mais certaines personnes obèses refusent de céder à l’acte, et pour ceux qui font du Taille +, (Le nouveau mot-clic à la mode), c’est devenu le nouveau normal pour les compagnies de lingerie de lancer des séries de vêtements adaptés à cette clientèle plus que nombreuse.

Si je voue une tolérance aux homosexuels, aux bi-sexuels, aux transgenres, aux queers ou même aux personnes handicapées à certains degrés, ma tolérance aux obèses m’y échappe. Des recherches médicales, scientifiques et sérieuses confirment depuis des années ce que l’on sait déjà; L’obésité-santé est un mythe. Elle est aussi toxique! Au lieu de pleurnicher sur des gens sensés qui commentent le surplus de poids de notre société, renseignez-vous et informez-vous sur ce problème!

Les obèses sont plus malicieux qu’autrefois. Ils peuvent créer des stratégies frauduleuses pour s’empêcher de perdre du poids pour savourer pleinement leur gourmandise. Je veux bien croire que c’est un sujet tabou, mais COME ON!! Si on n’en parle pas sur les réseaux sociaux ou dans les chroniques d’opinion, on risque de se faire passer pour complice. Les jeunes font de plus en plus d’embonpoint à un bas âge même si on leur recommande une heure de cours d’éducation physique par semaine après les classes.

La malbouffe, le sucre, les aliments gras et tellement salés font malheureusement parti intégrante de notre quotidien. Certains pays font tout pour préserver la santé hygiénique et buccale de leurs citoyens. Même si j’adore les boissons gazeuses, j’enrage lorsque je vois une de leurs publicités à la télévision ou à la radio, quand on sait le nombre de produits chimiques et de cochonneries qui peuvent mettre dans des bouteilles 2L. En Amérique du Nord, surtout ici, les caisses de 6 bouteilles de liqueur se vendent comme des petits pains quand ils sont en solde. (Je sais, j’en achète souvent!) Mais un jour, toute cette surconsommation de Pepsi finira par me tuer.

C’est une croisade que je me fais depuis 2015, mais qui vient avec quelques conséquences imprévues. Le nombre d’obèse dans le monde se multiplie autant que ceux et celles qui optent pour une alimentation sans viandes qu’on les appelle les Végans. Faire manger du tofu aux enfants remplace beaucoup d’aliments qui ne contiennent que du gras que de la vraie nourriture. Les publicités comme celles de McDo qui vantent leurs boissons hyper-caloriques à $1 aux détriments des boissons plus santé à un prix aussi dérisoire que $3 frise la discrimination d’opter pour des choix plus santés. Pour bien des jeunes parents, manger santé reste un puzzle qu’on ne pourra jamais résoudre sans aller à la tricherie.

On est dans une situation deux poids, deux mesures;

De l’un, on veut convaincre les gens de perdre du poids en faisant plus d’exercice, manger plus sainement et enseigner les enfants à cuisiner. De l’autre, on devient hypocrite avec nous-mêmes en croyant qu’il n’y a rien là de boire des liqueurs à profusion au lieu de boire de l’eau ou du lait. Si je décide d’aller dans un autre continent comme en Europe ou en Asie, est-ce que boire du Pepsi à répétition est une infraction?

Les problèmes d’obésité, quoi qu’en pensent les défenseurs de la diversité et de la rectitude, devraient être pris plus sérieusement. Les divers problèmes de diabète, de maladies cardio-vasculaires, des reins, d’acné à l’adolescence, d’infections ou d’incontinence doivent être pris en considération, quand j’apprends que notre population vieillit et fragmente leur poids à vue d’œil. Mais ça, ces justiciers à la mode ne veulent pas discuter là-dessus.

Voyage en Amazonie (Mise à jour: 4 août 2019)

Si il y a effectivement un épisode de Christine que j’ai plus ou moins bien aimé est la suite de Premier emploi. Survenu tout de suite après la fin du premier épisode, Voyage en Amazonie est un épisode des plus basiques mêlant humour, aventure et suspense dans une lutte sans merci contre les trafiquants de drogue.

C’est en lisant une pile d’histoires de Natacha, de François Walthéry, qui m’ont conduit à faire de Christine une héroïne qui souhaite lutter contre le crime et régner la paix. Même si elle est une adolescente et qu’elle manque d’expérience, je souhaitais ne pas la développer comme une cruche ou une gamine. Si les prochains épisodes manquent de persuasion et me montrent ce qui arrive quand on laisse traîner une longue saga pendant 4 ans, cet épisode solo fut un tournant juste avant que les formules de la série m’épuisent à long terme. Si je l’ai maintenu pendant 10 ans, c’est que je n’avais pas développé un style en particulier. Tout ce que je faisais, c’est des essais. Les jeunes dessinateurs pourraient apprendre à élaborer la substance avant d’appliquer un style, même si c’est le contraire qu’ils préfèrent. Ce n’est pas avant juillet 2018 que j’ai donné à Christine et Bugsy un trait définitif. Un trait qui m’aura payé une décennie de travail pour l’obtenir. Et des mois et des semaines de remises en question pour les faire renouveler.

Alors que je suis à l’écriture de mon spin-off et à la préparation de la nouvelle aventure, la série a souvent besoin de nouveau sang. L’inclusion des nouveaux personnages est une étape difficile au cheminement d’une oeuvre de fiction même si dans plusieurs cas, elle rend responsable de son déclin. Certains fans de la première heure jurent que telle série tourne en rond et a passé la date périmée. Deux nouveaux personnages originaux s’ajoutreont dans la nouvelle histoire. Hélène, une jeune femme canine d’une trentaine d’années qui élève seule avec ses deux enfants dans un ranch où elle gagne sa vie et le dernier, Tommy, un jeune écureuil orphelin de 17 ans qui survit seul dans la forêt et obsédé par les noisettes.

Bref, assez parlé! Voici comme une sorte de Binge-Watching l’histoire complète de Voyage en Amazonie. Les pages ont été crées entre septembre 2010 et juin 2011. Et oui, à cette époque, les erreurs de continuité et la mauvaise exécution des planches était pour moi immanquable. Je débutais mon aventure BD, mais mon trait était plus grinçant qu’il ne l’ait aujourd’hui.

Mise à jour: 4 août 2019: J’ai pu trouver les deux pages manquantes de l’histoire. La page 16 et 43, une fois imprimées. Ce ne sont pas les couleurs exactes au moment que je l’ai crée. Ça venait de mon ancienne imprimante donc je suis fier de m’être débarrasser pour une plus récente et performante. Si je n’avais pas eu le toupet de les faire imprimer à l’époque, ce serait à recommencer. Les fichiers originaux furent détruits au moment d’être envoyé par clé USB.

Le génocide culturel 2.0

Dernièrement, on parle beaucoup du génocide culturel que subit la communauté Autochtone, en particulier, sur le cas des femmes mortes et disparues. Mais à moins que vous perdez votre temps à accroître la diversité, les élections fédérales s’approchent et on voit un gouvernement libéral fatigué qui se sert de la diversité pour cacher tous les scandales qu’a accumulé Justin Trudeau depuis son entrée au pouvoir en 2015. Et le plus problématique des scandales est de n’avoir pas agi à la crise des médias. On attend de voir des journaux, des chaînes de télévisions et de radios et même des magazines mourir dans l’année à venir si personne ne fait attention.

Puis, il y a les géants du web comme Google et Facebook et des services de contournement comme Netflix qui font des affaires chez nous sans payer un sou de taxes. Un groupe de sept experts se penchent sur la question depuis le début de l’année afin de dessiner l’avenir de notre monde audiovisuel. Ce que je réponds à ça, c’est d’agir au plus vite. Et ne pas attendre en 2021 ou 2022 pour faire passer ces nouvelles lois! L’avenir de notre culture en dépend!

Je suis dessinateur. Je suis auteur comme passe-temps. J’ai connu l’époque du téléchargement illégal. Ça faisait chier des centaines de musiciens et auteurs-compositeurs qui perdaient des revenus substantiels pour qu’ils puissent vivre. Au Canada, la loi sur le droit d’auteur ne fait que compenser les utilisateurs que les créateurs. C’est préconisé de manière absurde et sans égard à ce que les musiciens gagnent réellement pour survivre. Si les ventes d’albums et de téléchargements  »légaux » en ligne ne cessent de diminuer, c’est que certainement, l’industrie de la musique et les radios cautionnent plus la médiocrité que le talent brut.

Quel est le but particulier de faire passer de la musique dans les commerces si eux, refusent de payer des droits? On n’est pas loin de 2007 où j’ai pressenti que les radios musicales d’ici devenaient complices des experts du piratage en ligne en ne diffusant que du contenu étranger. Mais maintenant, la situation est grave! Je n’aime plus aller dans les endroits publics par solidarité aux auteurs de contenus qui se font voler leurs droits par des lois qui ne correspondent plus à la réalité du 21e siècle. Si le gouvernement Trudeau agissait pour sauver des emplois dans les médias et de renouveler la loi dite, essentielle, du droit d’auteur, on n’en serait pas rendu là.

Depuis le début du mois, on célèbre le mois de la diversité et des 50 ans des droits de la communauté LGTBQ+ partout dans le monde. Sauf au Canada où la patate chaude de notre actualité, c’est la survie des médias de masse à l’ère du numérique. Pendant que l’Union Européenne veut obliger les conglomérats du web de rémunérer les journaux pour l’utilisation de leurs reportages, au Canada, on ne fait quasiment rien. C’est grave ce qui arrive! Les compressions de 68 emplois chez TVA devraient être un signe de ce qui nous attend.

La loi du droit d’auteur doit être révisée au plus vite, et enseigner aux utilisateurs l’importance de reconnaître la valeur de leur travail. C’est le même problème dans le domaine du livre ou la révision de la loi en 2012 par le gouvernement Harper a nui aux auteurs en les perdant des revenus importants. C’est aussi raison pourquoi l’industrie du doublage et leurs employés ne se font pas payer décemment lors des sorties sur DVD/Blu-Ray ou de la location des contenus qu’ils ont travaillé.

Mais qu’attend le gouvernement fédéral et provincial quand les Google et Facebook sont les principales ressources que les internautes suivent chaque jour?

La bande dessinée comme du gluten

Pardonnez-moi ne pas avoir mis à jour mon blog dans le dernier mois. Je ne savais plus quoi écrire et toute mon attention fut portée sur Facebook et DeviantArt où j’ai fait la connaissance d’artistes que je n’avais pas connu avant, mais offrent du très bon matériel, même si ça a un lien avec l’anthropomorphisme. La différence, c’est qu’ils font preuve d’originalité et prennent leur art très au sérieux. Ce que je vois rarement dans les bandes dessinées dites officielles.

J’aimerais savoir qui s’intéresse encore à la BD quand le monde entier se tourne sur les séries dispo sur les plateformes streaming et qu’on cherche des solutions à améliorer le sort des sinistrés. Quand il a eu la vague en 2016, même à avoir une exposition dans un musée chez nous, je n’y ai pas cru. De toute évidence, la bande dessinée est probablement le seul médium où même après 10 ans de carrière, tu es encore vu comme un débutant. J’aimerais savoir si les dessinateurs reconnaissent réellement la valeur de leur travail quand ils saluent la main des fans dans les dédicaces. Et que dire de la qualité des textes et des dessins qui ne correspondent plus à ce que nous attendons d’eux.

Je remarque qu’on en produit trop d’albums de bande dessinée et je ne comprends toujours pas ce récent intérêt à un médium aussi archaïque. Les jeunes ne lisent presque plus à la maison. Depuis 2012, les dialogues dans les BD se sont dégradés à l’échelle internationale, comme si respecter la grammaire et les règles de conjugaison n’a plus d’importance. Les barbarismes, les onomatopées et les anglicismes ont pris le dessus des dialogues colorés des lectures de ma jeunesse. Tout y est pour créer une lecture qui se dit personnelle mais ne fait que répéter les mêmes formules d’il y a près d’un demi-siècle, lorsque l’industrie tournait à son propre déclin.

Si on peut résumer la bande dessinée dans la sphère alimentaire, c’est un aliment qui se dit nutritif mais assez sucré qui manque de piment dans les histoires. Les dialogues sont très gras comme un aliment qui contient du gras-trans. Et la majeure partie du temps, le matériel est à base de gluten, car vous le savez peut-être, elle pose souvent le problème du non-respect des femmes et peut faire la promotion de l’intimidation, de la violence, de la discrimination et de l’ignorance. Mais savez-vous qu’il y a de plus en plus de femmes qui en sont bédéistes mais qu’elles ne sont pas toujours reconnues à leur juste valeur?

Après 10 ans de faire de la BD non-stop, j’ai enfin décidé de faire un halte. Cela m’a donné l’occasion de développer mon talent caché en écriture et la conception de deux nouvelles illustrations des deux premiers épisodes de Christine que j’ai crée. Vous l’avez deviné, Premier emploi avait besoin d’une nouvelle image de présentation. J’ai fais celle pour Voyage en Amazonie, une aventure de Christine crée tout de suite après le premier. En 2010-11. C’est en lisant des tonnes de Natacha que j’ai conçu cette suite et que contrairement aux autres épisodes, il n’y avait pas de formule et les personnages féminins n’étaient pas aussi nombreux. Ce genre de scénario me manque. Je vous partagerai l’histoire complète un autre jour.